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Be Kind to the Older Ones - They Might Even Remember It

Livesay Haiti -

"Ooooh, to be young again."  

That is a thing old people think.

I think that now.

I am ten, maybe  eleven months into the hormonal shift that is happening to me and I feel like I cannot even vaguely recall a time when I was young. 

The children I am raising tell me that there was a time when I remembered things well and even seemed smartish.

I don't recall it.
They do.

Recently I sat down and lamented that I had no idea what to give the kids for dinner.  My best girlfriend, KJ, said, "I just put that leftover ham in the oven". 

I said, "Oh my gosh, that's great. Thank you so much."

I sat in the chair, rocking and thinking.
Fast forward eight or nine minutes.
I said the same damn thing again ...  "I don't know what to give the kids for dinner."

KJ burst out laughing.

I forgot about the ham in eight and a half minutes.  It's horrifying, really.  I know it is not funny to joke about dementia but I worry about my short term memory a whole freakin lot right now.  I do things like that way so very often.

This afternoon I was all done working for the day. I was putting random things from the refrigerator on the table and calling it dinner. Suddenly I decided that I needed to move a piece of furniture out of my house and over to the house where Stefanie (the kids' teacher) lives.  This is how I operate now - my mind changes to something new and I follow it.

I loaded up the shelf and headed out.

On the road I ran into the guy that does the yard work and such at the Maternity Center.  He said, "A friend of Rachelle is here looking for you."  I know a few Rachelles and had no idea which one he meant. I said, "Okay, where?"  He motioned for me to talk to a man and a woman standing in the street together nearby.

I said hello and the man said, "You delivered my wife Rachelle at your clinic and we have a friend that would like to know more about the program. She needs information."  As he said that he motioned to a gray haired lady next to him. 

I said, "You need information about our program?"  She nodded. I said, "Okay, but we are a clinic that works with pregnant women. Is someone you know pregnant?" 

She looked at me and said, "You know I cannot tell a lie. I am the one that is pregnant." 

I did my best dramatic act and fell backward a bit and said, "YOU are not the pregnant one! You're an old person." 

(It takes one to recognize one.)

She informed me that she is two months pregnant and that she is 54 as of today.

I told her to come see me tomorrow. 
We shall see if this is true.

My problems with forgetting things might seem really small after tomorrow's meeting.


Haïti ne périra pas : une histoire récente de Michael Deibert

Michael Deibert's Haiti Blog -

Critique du livre Haiti will not perish: a recent history

Haïti ne périra pas : une histoire récente de Michael Deibert  

Publié le 2018-01-26 | Le Nouvelliste

(Read the original article here)

Culture -

Dans son dernier livre, Haïti will not perish: a recent history, Michael Deibert affiche une fois de plus sa grande connaissance et son profond attachement à Haïti, avec laquelle il entretient une histoire longue de vingt ans.

Son livre retrace l’histoire d’Haïti et les événements qui s’y sont déroulés depuis la guerre d’indépendance de Toussaint Louverture, Dessalines, Christophe, Boukman et autres jusqu’au décès de René Préval en mars 2017. Son tableau est grand et utilise une palette de couleurs très variées : la santé (y compris l’arrivée du choléra par le biais de troupes des Nations unies) ; les relations avec la République dominicaine; la communauté internationale, en particulier les Nations unies par le truchement de la MINUSTAH ; la CARICOM ; l’influence des États-Unis au fil des décennies ; les élections (toujours entachées d’irrégularités) ; la corruption (toujours présente) ; les portraits d’individus tels que Jean-Bertrand Aristide, Jean-Claude Duvalier et René Préval ; les préjugés en matière de couleur de peau, etc. Son récit des suites du terrible tremblement de terre de janvier 2010 est le meilleur que j’ai lu jusqu’à présent, et son tout premier chapitre, « Istwa » (Histoire), qui couvre la période des années 1840 jusqu’au départ forcé de Jean-Bertrand Aristide en février 2004, est en lui-même un petit chef-d’œuvre.

La qualité de la recherche de Michael Deibert est extraordinaire. Je n’ai pu m’empêcher de me demander comment lui, un auteur blanc, avait pu se faire autant de contacts parmi les Haïtiens noirs. Homme noir moi-même, je me rappelle avec stupeur le moment où, tandis que je visitais une école à Port-au-Prince, un petit écolier m’a appelé « blan » avant même que j’ouvre la bouche. Bien entendu, il ne réagissait pas par rapport à la couleur de ma peau – puisque de manière tout à fait ironique, j’étais plus foncé que lui – mais par rapport à ce qu’il jugeait comme étant mon apparence générale « d’étranger ». Donc de blanc.

Il y a trois questions que j’aimerais soulever suite à la lecture de ce livre.

Tout d’abord, l’attitude des Nations unies par rapport à Haïti (et, j’imagine, par rapport à d’autres situations similaires). À l’époque où j’étais le conseiller spécial de Kofi Annan sur Haïti en 2004, j’avais, à de nombreuses reprises et sans grand succès, cherché à faire accepter la différence entre peacekeeping et peacebuilding, c’est-à –dire entre le maintien de la paix et la construction de la paix. Dans mon rapport final, j’ai dit à Kofi Annan que « j’étais fermement d’avis que le concept de la MINUSTAH tel qu’il existait n’était pas sain, et était en grande mesure non pertinent pour le peuple haïtien, dont le bien-être était d’une importance capitale. Les éléments civils de la MINUSTAH devaient… en grande majorité inclure des aspects de développement choisis après une consultation approfondie avec le gouvernement haïtien et d’autres parties prenantes en Haïti… » Le livre de
Michael Deibert semble indiquer que presque rien n’a changé depuis lors.

Étroitement lié dans l’esprit des bureaucrates de l’ONU, avec leur insistance sur le maintien de la paix, est ce qu’ils appellent – Michael Deibert en parle – la « stratégie de sortie » (exit strategy) de l’organisation. J’ai trouvé particulièrement alarmant, pour ne pas dire contre-productif, qu’une telle stratégie ait pu être formulée avant même que l’ONU – dans le cas d’Haïti, la MINUSTAH – ait mis les pieds dans le pays concerné. On peut apprécier le désir (mis à part les coûts impliqués) de ne pas s’attarder et ainsi de ne pas donner l’impression d’être une force d’occupation. Mais comment traiter sérieusement les problèmes de fonds du pays si on prépare déjà son départ avant même d’être arrivé ?

 Ensuite, Gérard Latortue, Premier ministre par intérim suite au départ de Jean-Bertrand Aristide, a été, comme je l’ai écrit un jour, attaqué pendant son mandat comme étant « la marionnette illégitime de l’administration de George Bush ». Ce qui était une accusation parfaitement injuste à l’encontre de cet homme et le Livre blanc publié par son gouvernement de transition, couvrant la période allant de mars 2004 à juin 2006, fait état des avancées non négligeables réalisées par lui et son équipe.

Enfin, les Haïtiens en général. Michael Deibert fait souvent référence et exprime son grand étonnement à ce sujet, à la volonté des Haïtiens non pas vraiment de travailler les uns avec les autres, mais plutôt d’être en situation de conflit permanent au détriment du pays. Il cite Louis-Henri Mars : « La vraie question en Haïti est une question de relations, comme celle-ci : « Sommes-nous unis ou représentons-nous des tribus disparates ? » Pourquoi la réforme institutionnelle est-elle ce feu follet insaisissable ? Pourquoi la corruption au quotidien est-elle si difficile à éliminer ? Pourquoi, malgré toutes les attaques dont elle fait l’objet, l’impunité est-elle si répandue, si naturelle ?

 Pourquoi Michèle Pierre-Louis demande-t-elle tristement : « Est-ce que cela signifie que tout ce qui fonctionne doit être annihilé ? » Et Michael Deibert se rappelle qu’en janvier 2012, Michel Martelly avait dit devant le Parlement qu’Haïti était à l’époque « la somme des luttes intestines, des assassinats, des enlèvements, de l’embargo, de l’anarchie, du chaos, de la dégradation environnementale, de l’égoïsme et de la cupidité. Ceci doit changer ». Les choses ont-elles changé ? Si non, pour quelle raison ? A quoi cela sert-il de toujours faire référence à ce passé remarquable si le présent, comme le centre du poème de W.B. Yeats, ne tient pas ?

Michael Deibert a écrit un livre remarquable. Il est détaillé, incisif, sensible, et écrit dans un style assuré qui ne s’arrête jamais pour s’interroger sur quelle direction il va aller. C’est à mon avis une lecture indispensable pour toute personne, originaire d’Haïti ou pas, qui veut comprendre ou bien compléter ses connaissances au sujet des courants de la politique et de l’histoire d’Haïti en général et en particulier des quinze dernières années.

Ce livre tire son titre d’une promesse faite par René Préval en février 2010 à l’Université Notre-Dame à Port-au-Prince. « Haïti ne périra pas », avait-il dit ce jour-là, un mois exactement après le tremblement de terre.

Haïti ne périra pas. Mais quand donc sa population tirera-t-elle profit de manière productive de ses compétences et de son intelligence considérables dans l’intérêt national ? Quand donc Haïti s’épanouira-t-elle ?

Reginald Dumas

A Review of Michael Deibert’s Haiti Will Not Perish: A Recent History

Michael Deibert's Haiti Blog -

A Review of Michael Deibert’s Haiti Will Not Perish: A Recent History  

Posted on Wednesday 3 January 2018

By Reginald Dumas

Submitted to AlterPresse

(Read the original article here)

In his latest book, Haiti Will Not Perish: A Recent History, Michael Deibert once again demonstrates his vast knowledge of, and deep affection for, Haiti, with which he has had a twenty-year connection.

His absorbing, often mesmerizing, story traces the history of, and events in, Haiti from the independence war of Toussaint, Dessalines, Christophe, Boukman and others to the death in March 2017 of René Préval. His canvas is vast and multi-colored: health (including the cholera introduced by UN troops); relations with the Dominican Republic; the international community, especially the UN through MINUSTAH; CARICOM; US influence over the decades; elections (always flawed); corruption (always present); portraits of individuals such as Aristide, Jean-Claude Duvalier and Préval; the skin color divide; and so on. His account of the aftermath of the massive January 2010 earthquake is the best I have ever read, and his very first chapter, Istwa (History), covering the period from the 1840s to the forced departure of Aristide in February 2004, is itself a little masterpiece.
The quality of Deibert’s research is extraordinary. I could not help wondering how, as a white man, he was able to acquire such a range of black Haitian contacts. A black man myself, I remember my astonishment, while visiting a school in Port-au-Prince, at being called blan (white) by a small pupil even before I had opened my mouth. He was of course reacting not to the color of my skin – ironically, I was blacker than he – but to what he perceived as my overall “foreign” appearance, which meant white.

There are three issues arising from the book on which I should like to comment.

First, the approach of the UN to Haiti (and, I suspect, to other similar situations). While I was Kofi Annan’s Special Adviser on Haiti in 2004, I repeatedly, and without notable success, sought to have a clear distinction drawn between peacekeeping and peacebuilding. In my final report, I told Annan that I was “firmly of the view that the concept of MINUSTAH as it now exists is unsound, and largely irrelevant to the people of Haiti, whose welfare has to be of paramount importance. The civilian side of MINUSTAH must…overwhelmingly comprise developmental aspects chosen after close consultation with the Haitian government and others in Haiti…” Deibert’s book suggests that nothing much has changed in the years since.

Closely allied in the minds of UN bureaucrats with their emphasis on peacekeeping is what they refer to – Deibert mentions it – as the organization’s “exit strategy”. I found it alarming, not to say counter-productive, that such a strategy would be formulated even before the UN – in Haiti’s case, MINUSTAH – actually entered the country concerned. One can appreciate the desire (quite apart from the costs involved) not to overstay one’s welcome and thus project the impression of an occupying force. But how would the country’s fundamental problems be seriously addressed if one
were already planning how to leave before one had even arrived?

Second, Gérard Latortue, the Interim Prime Minister after Aristide left, was, as I once wrote, mauled during his tenure “as the illegitimate rag doll of the Bush administration”. It was an unfair assessment of the man, and the Livre Blanc (White Paper) published by his transition government, covering the period March 2004 to June 2006, records the not inconsiderable advances made by him and his team.

Third, Haitians as a whole. Deibert frequently refers to, and expresses his bemusement at, the willingness of Haitians not so much to work with one another as to enter into constant confrontation, to the detriment of the country. “The real question in Haiti,” he quotes Louis-Henri Mars as saying, “is an issue of relationships, of ‘are we in this together or are we separate tribes?’”

Why is institutional reform such a will-o’-the-wisp? Why is the everyday corruption so difficult to tackle? Why, despite all that is preached against it, is impunity so pervasive, so natural?

Why would Michèle Pierre-Louis sadly ask, “Is it that everything that works has to be killed?” And Deibert recalls that in January 2012 Michel Martelly told Parliament that Haiti then was “the sum of internal strife, assassinations, kidnappings, embargo, anarchy, chaos, environmental destruction, selfishness and greed. This must change.” Has it changed? If not, why? What is the point of always referring to a magnificent past if the present, like Yeats’ center, is not holding?

Michael Deibert has written a remarkable book. It is detailed, thoughtful, sensitive, and in language that never stops to wonder where it might be heading. It is to my mind indispensable reading for anyone, Haitian and non-Haitian alike, wanting to understand, or supplement his or her knowledge of, the currents of Haitian politics and history in general, and of the last fifteen years in particular.

The book takes its title from a promise by Préval in February 2010 at the Université Notre-Dame in Port-au-Prince. “Haïti ne périra pas,” he said that day, one month exactly after the earthquake. “Haiti will not perish.”

It will not perish. But when will its people harness productively their considerable intelligence and abilities in the national interest? When will Haiti flourish?

Reginald Dumas served as Trinidad and Tobago’s Ambassador to Washington and Permanent Representative to the Organisation of American States and as UN Secretary General Kofi Annan’s Special Adviser on Haiti.

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